|
Notre aventure commença le 25 mars 2003, date de notre
départ pour Honiara, Iles Salomons, Pacifique Sud. Nous
fermons nos sacs en sachant pertinemment que nous avons
oublié quelque chose, mais tant pis, nous devons y aller.
Direction Cointrin, aéroport international de
Genève. Plusieurs fois nous avons imaginé cette
scène d'adieux à la famille et aux amis. Et nous y
voilà, nous sommes tous devant cette douane impersonnelle
à se dire « à l'année prochaine
», « écris-nous »... et finalement
« au revoir ». L'instant le plus pénible est
derrière nous, on le redoutait mais tout s'est très
bien passé : des séparations sans larmes et sans
cris (enfin presque !). Depuis une année, nous
préparons ce voyage et nous sommes heureux de pouvoir
enfin monter dans l'avion en direction de Paris. Après
cette escale, nous irons à Tokyo Narita, puis nous nous
arrêterons à Brisbane pour finir par atterrir
à Honiara. Nous essayons de nous préparer
psychologiquement à un voyage de trente huit heures, dont
une escale de huit heures à Narita.
Nous foulons pour la première fois le sol australien,
à Brisbane, notre première fois en Océanie.
C'est génial, le voyage est bientôt terminé.
Nous nous présentons au check-in de Solomon Airlines, et
nous découvrons avec enthousiasme les premiers visages
salomonais. Nous sommes tout excités et impatients
d'arriver à destination.
Enfin, l'avion décolle pour trois heures de vol
jusqu'à Guadalcanal, Honiara. Nos cœurs palpitent et
nos yeux cherchent désespérément à
entrevoir une île, mais pour le moment il n'y a rien,
seulement une immense étendue d'eau, l'Océan
Pacifique. Soudain, au loin, se dessine une île. L'avion
s'approche de plus en plus et la survole, Guadalcanal. C'est une
vue exceptionnelle, nous nous trémoussons sur nos
sièges pour essayer d'en voir le maximum.
Nous sommes arrivés !!!! A peine le nez dehors que la
chaleur et l'humidité nous frappent au visage et durant
les toutes premières secondes nous avons du mal à
respirer. A partir de maintenant, la vraie aventure commence.
Nous ne savons pas si nous sommes attendus, s'ils ont reçu
notre dernier mail, nous n'avons pas eu de réponse. Nous
sortons avec nos passeports en main et un visa touristique de 3
mois, nous verrons plus tard pour les formalités. Nous
regardons partout en cherchant nos noms sur un papier ou un signe
mais rien. Et soudain, nous apercevons nos noms sur une feuille :
« Dr Jon Lutz and his wife ». Un type de
l'hôpital est venu nous chercher pour nous amener à
l'hôtel et rencontrer le Docteur Hermann Oberli. Nous
sommes pris en charge, ouf, et nous le suivons comme des
enfants.
Honiara... une rue principale et Chinatown... Les premiers
jours furent difficiles pour nos yeux d'européens. Ils
trouvèrent que la ville n'avait aucun charme, qu'elle
était sale et qu'il n'y avait pas grand-chose à
regarder. Par contre, au premier regard, ils aimèrent le
marché couvert. De grandes étales submergées
de fruits exotiques dont on arrive jamais à se souvenir
des noms et de légumes inconnus. Lorsqu'on se
promène entre ces étales, notre corps est
baigné dans une ambiance particulière, qui pourrait
être comparée à celle des marchés
asiatiques.
Après 2 mois à Honiara, nous avons toujours
autant de plaisir à flâner parmi les ananas, les
mangues et les légumes qui nous sont toujours inconnus.
Nos yeux d'européens se sont gentiment acclimatés
à ce nouvel entourage. Maintenant, nous nous surprenons
à aimer regarder cette ville et se balader sur ses
trottoires. Nous découvrons aussi qu'Honiara, qui n'a
toujours qu'une rue principale et Chinatown, a son charme. Petit
à petit, nous créons notre petit monde avec de
nouvelles habitudes et peut-être un nouveau regard. Et ces
rues, qui au début nous étaient
étrangères, font partie maintenant de notre
vie.
| |
Jessica Delarue, Genève |
| |
Honiara juin 2003 |
© juin 2003 Jessica Delarue
|