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Depuis le mois de novembre une équipe
constituée d'un chauffeur, de deux infirmières
parcourent la côte est et ouest de Guadalcanal autour
d'Honiara pour vacciner les enfants de 9 mois à 5 ans,
jusqu'à la fin décembre. Cette campagne a
été organisée par la Province de Guadalcanal
pour promouvoir les vaccins dans les villages. La dernière
campagne a eu lieu en 2001. Il y a plusieurs cliniques dans la
Province de Guadalcanal qui se situent souvent dans des coins
isolés pour essayer d'être au plus près des
villages. Malheureusement certains villages sont encore
très éloignés d'une clinique.
Une clinique est une petite maison avec une ou
plusieurs pièces très simple et muni du minimum. Un
infirmier ou une infirmière s'en occupe et est
habilité à faire différents soins tel que
les points de suture, accouchements, prescriptions
d'antibiotiques et de médicaments contre la malaria etc.
En dehors de cette campagne les vaccins sont donnés par
ces cliniques.
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| Fruit cacao |
Nous avions rendez-vous le 17 décembre
devant le Ministère de la Santé pour partir
à la découverte d'une petite partie de Guadalcanal,
Konga. Nous avons été accueilli par David, le
chauffeur, Aimee, l'infirmière et Soram le responsable des
infirmiers de la Province de Guadalcanal. Nous faisons
connaissance dans la voiture jusqu'à notre arrivée
au dépôt de médicaments où ils doivent
aller prendre les vaccins. Les fioles se trouvent dans un frigo
et il est très important de ne pas briser la chaîne
du froid. Les vaccins contre la poliomyélite, la
tuberculose, l'hépatite B, la diphtérie, le
tétanos et la coqueluche sont donc transportés dans
un réfrigérateur à gaz. Nous partons en
direction de l'aéroport pour aller dans une clinique qui
se situe dans le « bush » à environ une heure
de route de la ville. Nous sommes étonnés par le
bon état des routes et l'on nous apprend que RAMSI
(Regional Assistance Mission to Solomon Island) les a
améliorées. Nous quittons la route principale pour
entrer dans les terres. Nous traversons des plantations de cacao
et le chauffeur s'arrête pour nous faire goûter le
fruit qui n'a absolument pas le goût de chocolat mais
plutôt de sugus... Nous sommes partis depuis une bonne
demi-heure et nous devrions arriver bientôt. Nous croisons,
entre autre, deux jeunes filles qui portent chacune un sac rempli
probablement de taro ou de cassava qui sont des racines. Le
chauffeur s'arrête à leur hauteur et leur demande
où elles vont. Leur réponse est "closap" qui
signifie proche en pidgin (broken english) alors le chauffeur
estime qu'il n'est pas nécessaire de les véhiculer
jusqu'à leur village étant donné qu'il est
"proche". Je me demande encore quelle est la distance qu'elles
ont parcourue après notre départ, étais-ce
vraiment proche ?
Devant la clinique plusieurs femmes sont
là avec leurs enfants et attendent la consultation. Ils
installent une bombonne de gaz amenée d'Honiara pour faire
fonctionner le frigo pour conserver les vaccins et autres
médicaments.
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| Attente de la consulation |
Aimee et John |
L'infirmier qui est responsable de cette
clinique s'appelle John et travaille volontairement. Durant cette
journée Aimee et John vont faire un bilan de santé
général de chaque enfant et les vacciner. Si
l'enfant a un problème de santé et qu'ils n'ont pas
les moyens de le soigner, alors il devra se rendre à
l'hôpital d'Honiara. Certains villages ont pu acheter un
truck grâce à un petit commerce et amèneront
les gens en ville pour aller à l'hôpital ou pour
d'autres raisons. Pour les autres villages qui n'ont pas de
véhicule, ils devront organiser un transport, ce qui sera
plus compliqué. Nous avons rencontré un homme,
gardien d'une clinique et d'une école pendant les grandes
vacances, qui nous a montré son village depuis le haut de
la colline. Il nous a aussi expliqué que les villageois
récoltent de l'or de la rivière et la vendent
à un américain. Les femmes vont au marché
d'Honiara pour vendre des fruits et des légumes.
Généralement, les villages sont à
proximité d'une école et d'une clinique, donc ils
ont besoin d'aller en ville pour gagner de l'argent pour payer
l'école et pour aller à l'hôpital.
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| La route |
Nous décidons de les quitter pour
suivre Soram qui va visiter une autre clinique pour faire un
inventaire de ce qui manque. Nous rentrons encore plus dans les
terres et cette fois la route est très mauvaise et parfois
inexistante ce qui nous oblige à traverser une
rivière. Cette clinique est plus grande que la
précédente mais dans un sale état.
L'infirmier est en vacances et quelques modifications seraient
nécessaires. Après une demi-heure, nous reprenons
le chemin du retour.
Durant les tensions, cette région
était trop dangereuse pour que des infirmiers viennent y
travailler. Après les tensions, elle l'est restée
mais moins et depuis l'intervention de RAMSI le calme est revenu.
Maintenant, ils construisent d'autres cliniques pour que tous
puissent avoir accès aux soins médicaux de
base.
Honiara, le 30 décembre 2003
Jessica Delarue, Genève
© décembre 2003 Jessica Delarue
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